Fin

Inktober 2019, jour 31. 

Fin

La vallée cendreuse et enneigée s’était faite arène pour titans. En son sein se faisaient face deux monstres géants, goliath contre goliath. Ils étouffaient de leurs statures l’air environnant, le viciant d’exhalations fumantes pour l’un et putrides pour l’autre. Ils avaient été faits pour apporter le chaos là où ils allaient. Ils avaient été conçus pour ce moment, pour s’affronter, pour témoigner d’une puissance et d’un savoir-faire macabre, d’une ambition et d’une démesure à l’aulne de l’orgueil de leurs créateurs.

Les cœurs artéfacts des créatures s’activèrent et elles se mirent à avancer l’une vers l’autre, pesamment, faisant trembler les monts alentours et fuir les rares oiseaux qui y restaient encore. C’était un monstre qui cherchait à déstabiliser un roc aux murailles d’acier brûlants. C’était une forteresse qui souhaitait démontrer la supériorité d’une race et son ingénierie sur la magie d’une autre. C’étaient des aberrations qui entrèrent en collision, avec un bruit sourd et mat quand le poing de l’homoncule fut stoppé net contre la carapace de fer des nains.

La chair de la chose commença à fondre au contact de l’acier bouillant et celle-ci retira prestement sa main. L’acier avait été enfoncé. Légèrement. Un coup de l’homoncule avait suffi à faire plus de dégâts que cent canons n’avaient réussis. Mais la machine tint toujours bon et répliqua. Elle braqua sur son adversaire un canon au diamètre plus large qu’un nain n’était grand et tira. Ce fut une explosion qui brisa le son, le ciel, et le ventre de l’homoncule.

Tout sembla silencieux après le tir, morne et immobile.

Du sang s’écoula de la bête faite d’un amas de corps empilés et fusionnés entre eux. Un trou saillait son ventre là où l’obus était passé, et une cascade rouge créait une mare à ses pieds. Le corps de la bête, toujours multiplement conscients de l’horreur qu’ils formaient, cria de douleur, mais l’homoncule se contenta d’essayer de sourire. Il avait sa propre intelligence, sa propre étincelle de vie. Il se concentra et réorganisa les victimes qui le composaient pour reboucher le trou, annulant la blessure qu’on lui avait infligé. La cascade se tarit et les nains prirent peur pour la première fois depuis l’aboutissement de leur œuvre. Ils venaient de trouver un être qui les surpassait peut-être. À l’intérieur de la machine, les nains s’affairaient pour recharger le canon, déployer les autres, activer les armes blanches, mais le combat s’était joué sur ces premiers échanges et ils le savaient. Ils avaient montré chacun leur puissance et le résultat était là. La bête pouvait nullifier les dégâts qu’on lui infligeait, tandis que la carlingue des nains restait enfoncée. À terme, le peuple des montagnes allait perdre.

¤

Sleyzick observait dans sa lunette le magicien. Ce dernier restait concentré sur le combat, un large sourire effrayant sur le visage.

– Il nous aura finalement servi. Et bien aidé même. Mais il va nous falloir trouver un moyen de nous occuper de lui et sa créature avant de penser à la suite.
– Vous avez raison, général. Une suggestion sur la manière de procéder ?

Sleyzick ne répondit pas, songeur. Dans la tente derrière lui reposaient les corps morts ou mourants de la devineresse et de la forestière. Beaucoup de morts jonchaient sa route, et il aurait aimé pouvoir ramener sous sa coupe au moins le nécromant, qui lui semblait terriblement puissant, et donc utile, voire nécessaire.

– Non, aucune Jarosz, répondit-il finalement. Nous aviserons à l’issue de ce combat de titans. Mais j’aimerais bien le garder en vie.

Jarosz abonda dans le sens de son supérieur. L’écuyer était aussi d’avis que le sorcier pouvait leurs servir. Des temps troublés s’annonçaient, le royaume était ébranlé par toutes ces destructions, les premières en vingt ans de règne du souverain actuel. L’armée, donc Sleyzick, allait devoir maintenir la paix. Un sorcier aussi puissant que ce Razym serait l’allié parfait.

– Je vais envoyer un émissaire à Prahag, pour qu’ils sortent de toute urgence les travaux qu’ils ont sur les verrous mentaux et les soumissions. Nous pourrions peut-être réussir à l’ensorceler par surprise.

Le général abaissa la lunette pour donner son aval. C’était là à son avis une très bonne idée, s’ils arrivaient du moins à le soumettre sans qu’il ne puisse résister. Ils pourraient réussir après tout, grâce à l’armée de magiciens conscrits qu’il avait mobilisés.

– Jarosz, au passage, ordonne aux apprentis de se préparer. Qu’ils aient de prêts tous les moyens qu’ils peuvent trouver pour contrer la nécromancie ou la mécanique. Organise-les en bataillons de pyrologues, de saronides, et de tout ce que tu jugeras légitime pour endiguer le survivant du duel qui se joue. Ceux à qui tu ne trouve aucune utilité sur le champ de bataille, envoie-les-moi s’ils peuvent me servir, ou adjoints les aux autres bataillons en support. Ils auront pour tâche d’appuyer et de protéger les premières lignes, de les fournir en puissance. Je veux qu’ils soient réactifs pour terrasser le mastodonte qui restera, que le gagnant de ce combat n’ait pas le temps de réaliser qu’il est vainqueur qu’il soit déjà submergé par mes troupes.

Un autre coup du combat qui se jouait plus loin retentit, projetant vent et poussières sur le haut-gradé et son page. Les créatures annihilées, ils seraient les seuls vrais vainqueurs.

Alors que Jarosz partait organiser le tout, Sleyzick repointa sa longue-vue sur le magicien. Il fronça les sourcils en voyant une femme qu’il ne connaissait pas approcher le nécromant. Elle semblait avoir le bras cassé, celui-ci pendant sans vie à son côté.

¤

Le dragon n’avait pas ressenti telle douleur depuis une éternité, depuis le temps où il avait trahi ses serments et était devenu une bête de cuir et de magie avide de trésors et de savoirs. Il voulut rugir mais seul un grognement sortit. Son corps n’était plus que peine, et son aile inutilisable. Il ne pourrait plus se mouvoir sous cette forme et décida de se transformer. Il n’avait pas repris forme humaine depuis sa déchéance et se sentir à nouveau exister sous cette forme le rendit confus. Le dragon prit le temps de s’accoutumer à son ancien corps rappelé et se leva, le bras pendant là où son aile cassée s’était trouvée dans son autre forme. Il était redevenu une femme d’un âge certain, aux cheveux gris clair et à l’air accort malgré ses yeux flamboyants.

Elle maugréa sous la douleur et formula un sortilège pour l’assourdir. Ses blessures ne se résorberaient pas, mais elle ne les sentirait plus. Elle savait ce sortilège dangereux, mais elle n’en connaissait aucun autre pour se soustraire à ses souffrances. Elle avait besoin de toute sa lucidité pour ce qu’elle voulait faire.

Elle était animée d’une rage envers elle-même et le voleur qui l’avait asservie, utilisée, humiliée. Elle voulait le faire payer, le faire souffrir. Elle voulait contempler la désillusion dans ses yeux lorsqu’il serait à sa merci.

Elle le remarqua, posé entre deux arbres en orée de la clairière où les monstres continuaient de se battre, d’essayer de se tuer à coup de poings ou de canons. Le bruit était suffisant pour qu’un sourd l’entende, mais elle n’y prêtait aucune attention, concentrée toute entière sur le voleur. Elle se dirigea vers lui.

Il ne l’entendit même pas arriver et elle s’enferma avec lui dans une bulle de calme, les coupant acoustiquement et visuellement du monde extérieur. Il sursauta face au calme soudain et se retourna, sur la défensive.

– Es-tu fier de ton engeance sorcier ?

Razym ne répondit pas tout de suite. Il observa la magicienne en détail, la déshabillant d’un regard lubrique qui la fit grimacer de dégoût. Il la dévisageait de l’orgueil de ceux qui se savent ou se croient supérieurs. Ayant repris contenance, il s’approcha, mielleux et dominateur.

– Je m’appelle Razym. Et vous, madame ?
– Je m’appelle Zmej Jelensky, mais ce nom ne te dira certainement rien. J’étais déjà vieille que les arrière-grands-parents de tes arrière-grands-parents n’étaient pas encore nés. Et toi, tu ne t’appelles pas Razym, tu t’appelles trou-du-cul, un immonde trou-du-cul qui s’est cru capable de prouesses bien au-delà de ses capacités. Alors réponds-moi, es-tu fier de ton engeance et de ce qu’il t’a fallu faire pour la créer ?

Razym laissa passer l’insulte, bien qu’un masque de colère vînt fugacement habiter ses traits.

– Évidemment que j’en suis fier ! C’est là la plus grande création nécrotique de notre temps. Et je suis son concepteur, je suis le plus grand sorcier du royaume, voir du continent ! Tu devrais te prosterner devant moi plutôt que m’insulter, car bientôt je règnerais sur ces terres et même au-delà, même par-delà les océans !

Zmej secoua la tête, atterrée.

– Tu ne te rends même pas compte de ce qu’il t’est arrivé depuis que tu as volé cette bague, n’est-ce pas ?

Le sorcier stoppa net ses dithyrambes, interloqué. Il leva sa main pour regarder sa bague et ses ailes au repos sur ses doigts.

– Bien sûr que je sais ce qu’il m’est arrivé. J’ai grâce à cette bague acquis la toute-puissance. Une puissance qui restera inégalée !
– Pauvre fou, souffla la femme en secouant la tête. J’aurais presque de la pitié pour toi.

Avant que Razym ne puisse répondre ou réagir, Zmej s’était avancée et retransformée, partiellement tout du moins, et sa tête était redevenue celle d’un dragon monstrueux. Sa gueule immense, disproportionnée par rapport à son corps resté humain, s’ouvrit en grand et se referma sur le bras du sorcier, le sectionnant net au niveau du coude. Elle recracha le membre et reprit forme humaine. Razym était à ses pieds, à genoux, tentant d’endiguer sa blessure de sa main restante. Il n’avait pas crié, il n’avait pas senti la douleur. Il avait seulement senti un voile s’ôter de son esprit au moment où la bague s’était retrouvée séparée de son corps, comme s’il sortait d’une torpeur ou d’une léthargie prolongée, comme s’il redevenait lui-même.

Le sorcier releva la tête vers le dragon, implorant. Il se souvenait de tout ce qu’il avait fait sous le joug de la bague.

– Qu’est-ce que j’ai fait… Qu’est-ce que j’ai fait ?
– Tu t’es laissé entraîner par la malédiction d’hubris d’Aerketlec. Les dieux ont maudit cette bague lorsqu’elle fût créée. Si elle était un danger pour eux, alors son porteur deviendrait à son tour un péril pour chaque peuple de la surface. Tu t’es laissée dominé par cette malédiction, trop faible pour lui résister. Et maintenant tu vas mourir, à cause de ton inconscience.

Razym regardait toujours le dragon. Il baissa son regard vers son bras sanguinolent et sembla seulement là se rendre compte de sa blessure.

– Mais je voulais sauver ce royaume… J’ai découvert la machine des nains et leur but de marcher sur le royaume, je voulais les arrêter… J’ai tout fait pour… Je suis désolé.

L’homme se parlait comme à lui-même, comme pour se départir de tout péché. Il releva la tête vers la femme et l’implora.

– Dragon, dis-moi que je ne suis pas le méchant de toute cette histoire.
– Non, tu n’en es que le bouffon Razym.

Zmej lança son bras et une griffe ouvrit la gorge du sorcier, abrégeant ses souffrances. C’en était fini de l’homme qui avait cru pouvoir sauver tout le monde. Elle alla ramasser la bague mais s’abstint de la passer à son doigt. Le bijou battait des ailes comme pour protester, mécontent de voir son porteur s’être fait occire. La femme ferma le poing et lâcha la bague sur le sol. Elle cracha de son feu pour l’incinérer avant de s’en détourner. Elle voulait retrouver la forestière, avant de s’en aller une fois pour toute de cet endroit qui avait été sa prison, son purgatoire et son enfer.

Dans la vallée, les deux monstres se battaient avec une intensité redoublée.

¤

Sleyzick passa violemment sa lunette à un apprenti venu le seconder sous l’ordre de l’écuyer.

– Qu’est-ce qu’il se passe ? Explique-moi ! Cette femme a créé une bulle autour du magicien à l’origine du golem de chair, et deux minutes plus tard, le voilà devenu enragé. Qu’est-ce qu’il se putain de passe ?

Le général pointait tour à tour là où se tenait Razym avant qu’il ne disparaisse hors de sa vue et la vallée où l’homoncule enchainait les coups sans s’arrêter sur son adversaire, qui n’arrivait pas à riposter face à l’intensité de ceux-ci. Chaque choc faisait trembler les arbres et s’effondrer les maisons en ruines qui avaient brûlés dans les catastrophes qui avaient formé le golem de chair devenu fou. Son torse s’était rouvert sous l’effort qu’il imposait à son corps et le cœur artéfact y était apparent, ses anneaux tournant à plein régime pour fournir toute l’énergie qu’il avait, toute la puissance que le prisme recelait.

L’apprenti, après avoir observé la scène, bafouilla une réponse qui ne satisfit pas le général.

– Le golem est sentient, mais il possède sans doute un lien fort avec son concepteur. Il est possible, ou probable je dirais que quelque chose soit arrivé au magicien dans cette bulle. Il a peut-être été attaqué, blessé, ou pire, et l’homoncule l’aura ressenti. Cela l’aurait enragé mais ce ne sont que des suppositions.

Sleyzick arracha la longue-vue des mains tremblantes de l’apprenti et la repointa vers là où Razym avait disparu. La femme sortit de la bulle qui se dissipa derrière elle, révélant le corps du sorcier et de la fumée. Le général jura.

– Suppositions de mes deux… Jarosz, tu vas voir ce qu’il reste du nécromant. Quant à toi, vas dire aux troupes qu’elles se dirigent vers les monstres. Tout de suite !

La voix du général était fiévreuse et n’admettait aucune objection. L’apprenti crut y voir de la peur ou de la démence, mais l’écuyer savait ce qu’il en était. L’exaltation du massacre à venir le réjouissait, l’imprévu et le sang qui coulerait le rendait fébrile. Cette fièvre était celle d’un homme qui ressuscitait.

¤

 L’homoncule avait ressenti la mort de son maître. Elle avait retenti en lui comme un coup de semonce, un glas. Cet évènement l’avait rendu plus enragé qu’un berserk. Il devait achever son adversaire, achever la tâche que son maître lui avait confiée. Il faisait pleuvoir des coups à faire tomber des cités sur la machine naine qui ne pouvait même plus y répondre. La force qu’il mettait dans ses poings aurait détruits les murs de Babylone, et le béhémoth de métal ne les supplantaient que de peu en termes de résistance.

L’homoncule hurla et les nains le sentirent. C’était le hurlement désespéré d’une chose qui a perdu tout lien avec son monde, un hurlement à glacer le sang.

La bête de chair lança sa main vers un endroit déjà fragilisé à de nombreuses reprises et perça la carlingue, éventrant au passage un des nains se trouvant derrière la paroi défoncée. Elle recommença à plusieurs reprises, élargissant le trou jusqu’à pouvoir y passer son bras. Elle tordit le squelette métallique qui maintenait la machine et ses parois s’affaissèrent dans un grincement interminable. Le golem recommença. Il ne s’épuisait pas, il ne ressentait ni la fatigue, ni l’énergie qu’il consumait à frapper ainsi. Les cadavres qui le formaient s’épuisaient, le fragilisant progressivement. Mais il ne s’arrêtait pas, continuant de frapper, frapper dans un seul but. Que mort s’en suive.

L’homoncule lança sa main dans le trou béant et l’y laissa. Il voulait en finir. Il sentit à peine les nains qui l’assaillaient de leurs armes ridicules pour essayer de se défendre. L’homoncule les ignora et fouilla de ses doigts énormes l’intérieur de la machine. Il trouva ce qu’il cherchait et retira sa main avant de mieux la relancer à l’assaut, droit vers le cœur artéfact qui servait de batterie à l’engin. Il s’en saisit et l’enferma dans sa main sous les yeux horrifiés des conducteurs et ingénieurs.

L’homoncule serra et les disques de cobalt ralentirent, crissèrent avant de céder et se briser. Le dodécaèdre viridien implosa, entraînant dans son souffle la main gigantesque qui l’entourait. La bête ressortit son bras qui n’arrivait plus à se reformer, tandis que la machine, soudainement privée de propulsion, titubait. Elle flancha et bascula sur le côté, incapable de se remettre d’aplomb. Sa masse la fit s’enfoncer dans la terre gelée d’un demi-mètre. La machine s’effondra sur elle-même, emprisonnant et tuant dans ses entrailles les nains qui avaient jusque-là survécu.

Le combat était terminé.

L’homoncule amoindri, amaigri, recula. Il se trouvait au-milieu de centaines d’humains, encerclé.

¤

Sleyzick était resté sur sa colline. Il observait ses troupes se déployer autour du monstre. Elles étaient passées à l’action dès que la machine naine avait été transpercée, et elles avaient investi la vallée au moment où celle-ci était tombée au sol. Les ordres étaient clairs. Un apprenti avait suggéré ce plan et le général l’avait validé.

Les magiciens allaient occuper le golem tandis qu’une unité de télékynésistes se chargerait d’arracher le cœur artéfact du golem. Les pyrologues passeraient ensuite à l’action afin d’achever la bête qui, privée de toute énergie, ne devrait pas faire long feu.

En contrebas, l’assaut final avait débuté. Le golem se heurtait à des boucliers lorsqu’il voulait balayer les insectes qui l’attaquaient. Les supports jouaient leurs rôles comme il le fallait. Un bataillon se fit toutefois écraser sous le pied immense de la créature, la protection ne les couvrant pas complétement d’une attaque aérienne. Sleyzick frémit de plaisir face à la violence de la scène. Cent apprentis venaient de se faire aplatir.

Les autres troupes saisirent l’opportunité et lancèrent leurs sortilèges. La créature subit simultanément autant d’attaques d’éclairs que de glace ou de feu. Mais ce furent les télékynésistes qui lui infligèrent le plus de dégâts, sortant le cœur encore tourbillonnant de sa poitrine. La bataille qui faisait rage se termina alors subitement. L’homoncule privé d’énergie pour le garder en vie commença à se déliter et fondre sous les assauts des mages de feu.

Les humains avaient gagné. Dans le sang et la gloire. Le royaume était sauvé d’une menace créée de toute pièce. Sleyzick ne s’était jamais senti aussi vivant. Il se tourna et fut surpris de voir que Jarosz était déjà revenu. Il alla vers lui et l’étreignit, incapable de garder sa joie pour lui-même.

– C’est fini, général. Votre plan a abouti.
– Ho non… Ce n’est que le début. Je ne veux pas m’arrêter là. Il y aura un avant aujourd’hui et un après. Et je vais m’atteler à préparer cet après, Jarosz. Le royaume a beaucoup souffert et des sujets pourraient tenter de se soulever pour protester. De même, cette affaire a prouvé, ou prouvera dans ton rapport de la dangerosité des forestiers. Il nous faut réformer ces hommes n’es-tu pas d’accord Jarosz ?

Le page hocha la tête et sourit à son supérieur.

– Je crains que les apprentis ne puissent retourner étudier de sitôt.

Sleyzick acquiesça cyniquement. La paix n’était pas pour tout de suite dans le royaume.

Le général se mit en route vers la vallée pour aller féliciter ses troupes, son écuyer à sa suite. Il laissait derrière lui la tente où reposaient les corps des femmes qu’il avait assassiné. Il n’avait pas remarqué le bijou qui ornait la main de son page, à côté de la chevalière qui leur servait pour communiquer. Un bijou légèrement brûlé et auquel se raccrochaient deux ailes immobiles.

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