Sombre Monarque

Sombre monarque, on a imposé ton ombre sur le royaume de mes nuits où tu règnes aujourd’hui. Tes ombres dansent et tourbillonnent sur ces frontières qui furent les miennes, légions de tourments et de peines. La douce lueur qui autrefois assurait ma sécurité s’est affadie sous ton joug, lentement amenuisée par à-coup. Tu es descendu sur la gardienne de mon sommeil, libérant par la même mes cauchemars de démons et merveilles. Je ne me repose plus te sachant ici, recroquevillé toujours comme assailli. J’ai peur de dormir comme le sommeil à peur de m’envahir.

Sombre monarque tu tournes et tournes sur celle qui fut jadis mon salut, la cachant à ma vie, à ma vue. Ne subsiste que l’ennuie de celle que tantôt j’appelais fée, tantôt chimère, tantôt félicitée. Elle fut la guide de mes rêves qui eux ont aussi ont fuis, loin de là loin d’ici et toute cette sorcellerie. Si le voyage de mes jours m’éloigne de toi, c’est avec frisson que je te retrouve dans cette pièce où tu fais loi. Chaque soir je te crains et redoute, ton existence n’a pour but qu’encrer en mon âme un à un tous mes doutes.

Sombre monarque, obscur roi, je ne m’abaisserai à t’implorer de partir d’où tu viens, me laisser en paix. De ton règne je triompherai, de ta noirceur je me déferai. Ta vie n’est que brumes mouvantes sur ces murs qui m’entourent et le soleil t’annihile au petit jour. Ton rôle n’est plus alors qu’objet, que basse inutilité. Je te traiterai avec dédain chaque jour chaque matin. Alors que la nuit tu es si fort, tu me domines. Et une à une mes joies tu assassines.

Sombre monarque, je t’en prie je reviens sur ma parole. Pars d’ici, les peurs que tu m’instilles n’est-ce assez comme obole ? Le sommeil me guette et le jour me rejette. Je ne tiens plus éveillé, je n’arrive plus à veiller. Je suis expatrié vagabond en exil, je ne veux que m’enfuir de ton île. Tu as sapé de moi toute détermination, fondation par fondation. Laisse-moi me réfugier dans les bras de Morphée, laisse le me protéger de tes horreurs insensées. Je ne veux qu’être serein pour cette nuit et les suivantes, que jamais plus tu ne sois le maître de ceux qui me hante.

Sombre monarque, tes ailes mes yeux ont couverts. Fais de ma paix une chose appartenant à une autre ère.

Sombre monarque je tremble sous ta régence comme terreur le fût en France.
Sombre monarque je te hais alors que tu n’es qu’un objet.
Sombre monarque, abat-jour que ma mère a placé sans aucune méchanceté.
Sombre Monarque, tu couvres ma veilleuse, celle qui fut jadis gardienne de mes nuits voluptueuses.

 

 


Ce texte a été mis en audio par Xavier « Suki », de Soundstorm production. En voici la vidéo (le passage au format mp4 a induit une baisse de qualité, pardonnez-moi) :

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