La nuit, Louis Artan de Saint Martin

La nuit, Louis Artan de Saint Martin

La nuit

La nuit. Mouvance d’arabesques peintes par la lune sur cette toile d’obscurité qui, chaque matin, meurt et s’efface.

La houle, de son pinceau de nuages s’agite quand ceux-ci passent entre elle et la terre, canevas vierge mille fois réinventé qui mille fois ou presque a abouti à la même œuvre.

Et la lune éclaire, brisant la distance qui l’espace de la terre à elle-même. Elle rendrait jaloux le Soleil de sa clarté, de sa pureté. Les êtres ne sont plus qu’ombres dans son giron, réduits à leurs contours. Seules subsistent, immuables, leurs créations de pierre et de bois qui résistent à la mer et au temps comme une ancre de ce qu’ils sont et ont été.

Mais la nuit les dénature et se les approprie, les redessine à sa guise comme des pantins sous sa tutelle dont l’immensité et la masse n’auraient aucun poids.

Une femme s’empresse, emmitouflée, et court sur le tableau alors qu’il ne cesse de se créer sous ses pas.

Elle attend le monde et son amant.

La nuit et son châle la couvrent et la lune la fait languir tandis que son amant n’arrive pas. Elle attendra jusqu’au matin que le Soleil nimbe ses yeux gourds et le chemin duquel elle n’a détaché son regard toute l’obscurité durant.  Elle attendra qu’arrive au matin un homme qui ne sera pas là. Ni présent, ni esquissé.

Texte inspiré par le tableau ci-dessus, La nuit, de Louis Artan de Saint Martin.

Œuvre exposée aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles.

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