Et de huit (partie 3) : C’est quoi un héros aujourd’hui ?

Je pense qu’aujourd’hui, ta définition de l’antihéros n’est plus vraiment juste. Au moins dans le langage populaire, l’antihéros se raccroche plus désormais à ce que tu as décris comme étant un héros.

Un ami qui sait faire du feu avec ses dents.

Ce point est juste. J’ai jusqu’ici parlé de littérature à son sens le plus stricte, et même si celle-ci est influencée par la vie réelle (parfois plus que de raison), ses définitions ne sont pas pas toujours les mêmes que celles que nous autres mortels utilisons au jour le jour. Le héros se devait d’être un symbole, une lumière vers laquelle se diriger, un idéal auquel aspirer. Mais l’histoire semble-t’il a trouvé cette torche trop brûlante et s’en est peu à peu détournée. L’antihéros a alors été créé à défaut d’adorer le héros par trop parfait.On a désacralisé le boyscout Superman dans Injustice, et on a intronisé Batman en modèle après le terriblement violent Dark Knight returns de Frank Miller.

Parce que le roman est, et se doit d’être, un miroir de notre réalité, on a cru qu’on se devait d’être aussi des héros chaque jour. Il aurait peut-être juste fallu revoir nos attentes et notre définition de ce qu’est vraiment un héros.

Un héros n’est pas plus brave qu’un homme ordinaire, mais il est brave quelques minutes de plus.

Ralph Waldo Emerson.

Les héros de la vraie vie.

Sortons du cadre littéraire quelques instants et revenons dans notre réalité. Dans le cadre de mon travail, j’ai pu demander à des élèves allemands quelles personnes étaient  pour eux des héros. En vrac, voici ce que m’ont dit ces adolescents :

  • Will Smith (très bon acteur)
  • L’entraîneur de foot (il est motivé, il la motive, il l’aide)
  • N’en a pas, mais pense important qu’il/elle soit écolo et féministe.
  • Emma Watson (Elle est engagée, elle à une image très sympa)
  • Harry Potter (Il est courageux, c’est un magicien)
  • Martin Luther King
  • Jennifer Lawrence (à propos de ses engagements)
  • Michelle Obama
  • Son grand-père, qui lui avait appris la discipline.
  • Pierre et Marie Curie

Loin d’être parfait, ces personnes restent des modèles dans leurs domaines pour ces jeunes. Ils sont bien loin de la définition posée dans le premier article de cette série, et pourtant ils sont leurs héros. Nous sommes bien loin de l’Homme décrit par Rudyard Kipling, mais… et si, malgré toute mon affection pour ses poèmes, ce n’était finalement pas important ?

L’idéal qui est énoncé ici semble par trop inatteignable, et trop complexe à atteindre. Ce n’est plus le héros que l’on cherche, que l’on a. Ce n’est ni-même le héros de téléréalité finalement.

Le héros est aujourd’hui celui qui inspire, qui agit un peu plus, à un moment ou un autre.

Qui pourrait devenir nos héros ?

Toujours dans le cadre de mon cours avec ces élèves allemands, j’avais posé une question. Ce cours se passait lors du sommet à Singapour réunissant Trump & Kim Jong-Un et c’est pourquoi je leur avait demandé si ces deux présidents (et dictateur) pouvaient être vus comme des héros, voir même être potentiellement désigné pour le prix Nobel de la Paix. En effet, ceux-ci ont activement agi pour la détente et la paix dans la péninsule coréenne.

Dans l’optique d’un héros agissant un peu plus, ou d’agissant à un moment, cette question était pertinente.

Les élèves ont réfléchi à cette idée, et même s’ils ont finalement été contre, ils ont longuement débattu avant de se décider. Tel Mamoudou Gassama, une seule action suffit pour devenir le héros d’une nation. Les actions antérieures doivent-elles alors entacher cet acte héroïque ? Question complexe. Justin Trudeau est bien considéré comme le parangon de l’homme politique idéal malgré des décisions prises similaires à celles critiquées dans d’autres pays…

Il semblerait que les héros en devenir sont ceux dont l’Histoire retiendra leurs noms, ceux que la presse fera, ceux que l’actualité n’oubliera pas. Ce seront ceux qui se sont trouvé au bon moment, au bon endroit, et qui auront agi.

Un héros, c’est quelqu’un qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et qui , on ne sait comment, arrive à s’en sortir.

R.E. Feist (Je crois)

Bref.

A-t’on besoin de héros ?

J’ai déjà suffisamment disserté sur la question, peut-être même été un peu trop verbeux. Je clorais cet article alors sur cette idée, déjà abordée. L’idéal n’a pas besoin d’être atteint en toute heure. Il suffit de le représenter lorsque c’est nécessaire, lorsqu’il le faut. Nos histoires, celles qu’on écrit, reflètent toutes à un point donné qui nous sommes, ce que nous pensons. Alors, soyons les héros de nos propres histoires, qu’elles se concrétisent aussi dans notre quotidien.

Bosi.

P.S : Je ne parle pas tant d’écriture dans ce troisième et dernier article de cette série, je sais. Mais étant donné que l’inspiration provient pour ma part beaucoup du monde réel, cela me semble malgré tout lié. Je m’autorise ce genre de digressions de temps à autre. À vous de me dire si vous les appréciez.

P.P.S : Une dernière citation pour la route

In my experience, all women deserve someone better.

David Gemmel.

P.P.P.S :

P.P.P.P.S : les sources.

Premier article :

Deuxième article :

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