Et de huit (partie 1) : It’s a bird… It’s a plane …

Ils étaient forts, ils étaient beaux, ils sentaient bons le sable chaud…(OHHHH !)
De leur vertu et de leur gloire, on captivait les auditoires, (AHHH !)
Les bons, les braves et les cœurs purs, suivaient en chœur leurs aventures (Ahhh !)
Au firmament des âmes aimées, leur nom brillait d’un feu sacré…(Whoua !)

Reflet d’acide, épisode 5 (texte ici).

Vous l’aurez compris, aujourd’hui, on va parler de tarte aux fraises la figure du héros. Et parce que j’aime ce format, sachez qu’on est reparti pour 3 articles qui se suivent.

Tout le monde rêve d’être un héros, à sa mesure, à sa manière, et sans se bouger de son fauteuil si possible. Et c’est là-dessus que se joue un grand principe narratif : l’identification. On cherche à s’identifier au(x) protagoniste(s), à s’évader et à s’élever en lisant. Alors faire un héros qui ressemble à son public mais qui vit des aventures extraordinaires, c’est la base, et le shonen nekketsu l’a bien compris.

Un héros, c’est quoi ? 

qu'est-ceLes définitions ont évolué à travers le temps et si, dans la Grèce antique, le héros définissait quelqu’un d’ascendance divine ou divinisé après sa mort et qui réalisait moult exploits, le héros d’aujourd’hui en terme sémantique s’associe plutôt au personnage principal.

C’est un personnage à qui il arrive une ou des aventures et qui se retrouve être le protagoniste principal de cette ou ces péripéties.

Ce personnage aura un système de valeurs et d’idéaux qui l’élèvera au-delà de la société ou de son cercle proche. Ces valeurs et/ou idéaux dépendent du contexte et de la temporalité dudit héros. Il s’impose, comme j’ai pu le dire plus haut, en tant que modèle d’identification. Cette identification s’effectue toutefois à double-sens, puisque le héros doit ressembler au lecteur pour le fédérer autour de lui… tout en restant inaccessible pour que le lecteur puisse s’imaginer être une version meilleure de lui-même. Le héros doit partager les idées des gens communs, tout en les sublimant.

Le héros dans la culture et dans l’histoire.

Le héros, jusque récemment (au terme historique de « récemment»), était un homme aux faits d’armes remarquables. C’était souvent un soldat ou tout du moins un guerrier comme on peut le retrouver dans la mythologie ou la littérature (Herakles, Achille, Conan).

Cette vision du héros s’est perpétuée jusque dans les années 1990. Les adjectifs caractérisant ces hommes étaient défenseurs, combattants. Jusqu’à cette période, les premiers noms de héros nous venant à l’esprit (du moins au mien) sont De Gaulle, Jean Moulin, Mandela, Martin Luther King, Rosa Parks et Rosa Luxembourg… qui se sont battus pour quelque chose. Dans l’imaginaire collectif, le héros se bat, le héros doit se lever contre quelqu’un ou quelque chose.

Des tournants peuvent s’observer au détour des révolutions culturelles ou sociétales. J’ai pu citer Mandela ci-avant ou encore Rosa Parks qui sont devenus des héros lors des mouvements noirs pour la fin de l’apartheid et du vomitif separate but equal. Nous pouvons citer aussi Lara Croft qui est apparue après les révolutions sexuelles (et sa poitrine triangulairement plantureuse est due à une bug d’algorithme non-corrigé, au fait).

Révolutions sexuelles  qui n’empêchent pas Lara Croft d’avoir été sur-sexualisée au cours de ses différentes itérations.

La figure du héros a pu fortement évoluer à travers l’Histoire et les histoires, bien qu’obéissant à des canons, des schémas sociétaux incrustés dans nos esprits (qu’on en soit conscient ou non).

Le héros est chrono-, géo- et ethnocentré. 

On a pu aborder le fait que le héros n’était pas le même au cours de l’histoire et en effet, il ne répondra pas aux mêmes canons selon l’époque. Le héros est chrétien et dévot au Moyen-Âge, le héros est raciste mais sous-couvert de paternalisme envers les indigènes au temps de la colonisation… Le héros existe pour répondre aux archétypes propres à son époque et y est intimement lié, toujours dans l’idée de l’identification. Le James Bond de Sean Connery et celui de Daniel Craig, dans cette optique, n’est pas le même.

De la même manière, le héros sera représenté selon les physiques locaux. Il est plus simple de s’identifier (en tant qu’européen) à un caucasien qu’à un asiatique. Cette affirmation peut certes être remise en cause face à la mondialisation, l’américanisation ou encore l’effet mégaphone mais elle n’en reste pas moins véridique et elle est à prendre en compte dans la figure du héros. Nos héros européens n’ont pas les mêmes visages que ceux de nos voisins asiatiques ou africains.

Et enfin last but not least, le héros est ethnocentré. Comme j’ai pu le dire plus haut, le héros a sur lui un bagage de valeurs qu’il défend. Ces valeurs étant inhérentes à un peuple, à une société, il est évident qu’un héros puisse être loué par une civilisation tout en étant en absolue contradiction avec les valeurs d’une autre civilisation. Le Captain America, comme la majorité des héros Marvel et DC, répondent aux idéaux américains, ou tout du moins ceux prônés aux Etats-Unis.

patriot
Regardez comme je suis patriote et comme je représente les idéaux de dévouement et de liberté américains !

Et l’héroïne dans tout ça ? 

Pour cette dernière partie, je vous recommande de lire l’article anglais de Wikipédia sur le héros, et spécialement sur son paragraphe intitulé Gender differences, puisque je ne vois pas l’intérêt de le paraphraser. Si des réfractaires à la langue de Shakespeare se manifestent, j’ajouterai une traduction. 

Je reviendrai sur le féminisme et la place de la femme dans la fiction dans un autre article en-dehors de cette série, celui-ci se faisant déjà trop long. Je place quand même ici quelques noms de femmes qui mériteraient d’être des modèles, des héros, qui mériteraient d’être plus connus : Ada Lovelace, Amelia Earheart, Anna Fisher.  Pour plus de femmes extraordinaires, je vous renvoie à l’excellent blog Les Culotées de Pénélope Bagieu.

BREF.

Le Héros est pluriel et change bien selon les époques ou les lieux, et je pourrais disserter encore longtemps sur ses multiples facettes, toutefois je dois conclure un article déjà bien long.

Si le héros est un porte-étendard de l’héroïsme et du bien, de ce à quoi il faut aspirer ou du moins ce à quoi on s’imagine aspirer, je reviendrai dans le second article sur le anti-héros, et par extension sur la déconstruction du mythe du héros.

BOSI.

P.S : J’ai utilisé pas mal d’articles pour préparer cette série, je listerai la bibliographie à la fin de mon troisième article sur cette série, pour ceux que ça intéresse.
P.P.S : Et tant qu’on y est, parlons de la légitimité d’être un héros (qui est avant tout quelqu’un qui agit…c’est le thème du 3e article, plus ou moins) :

 

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