Et de sept : On en parle du lecteur ?

On va faire simple : j’aime Pennac. J’aime profondément Daniel Pennac, d’un amour littéraire certain et assumé. Ho, je n’ai pas lu tout ses livres et il y en a de ceux que j’ai lu que je n’ai pas aimé, mais qu’importe, j’aime Pennac.

D’abord parce que c’est un des premiers auteurs qui m’a marqué enfant, avec L’oeil du loup. Et ensuite parce que c’est un des derniers auteurs à m’avoir durablement marqué lorsque je l’ai redécouvert il y a deux ou trois ans, et ce à travers 3 oeuvres notamment.

ernest et célestine
Voyez ce dessin animé.

Ernest & Célestine, un dessin animé sublime et qui s’adresse tant aux adultes qu’aux enfants, que Pennac a scénarisé.
La saga Malaussène (que je n’ai pas fini mais dont l’intégrale m’attend sagement chez mes parents).
Et enfin, le plus important : Comme un roman … qui n’est pas un roman.

 

Comme un roman est un essai de Pennac qui est sorti en 1992 et qui parle de lecture… et de lecteurs. Tout au long du livre, Pennac essaie de comprendre et d’expliquer (hypothétiquement) le désintérêt de la lectures chez les adolescents et ses raisons. Il essaie aussi et surtout d’y trouver des solutions.

Daniel Pennac ayant été enseignant une grande partie de sa vie, il parle aussi du côté professeur qui ne voit que les mêmes copies d’analyse de texte défiler sous ses yeux, se désespérant d’élèves lisant et appréciant le livre pour eux-même et en tirant leurs propres leçon et non en recopiant internet (qui ne s’était pas encore démocratisé à l’époque, mais l’idée est là). Mais tout ça, wikipédia vous l’expliquera mieux que moi. Si je vous parle de ce livre, c’est avant tout pour sa dernière partie, où l’auteur énonce les droits du lecteurs, au nombre de 10.

Lorsque j’ai redécouvert Pennac, j’étais en plein dans mes études et je n’avais plus le temps ou l’envie de lire, me gavant déjà d’ouvrages ou d’articles universitaire chaque jours. Lire ce livre m’a redonné envie de lire, et m’a aussi déculpabilisé sur le faire de ne pas lire, ou juste relire, ou juste un passage de-ci de-là. Et ça en fait une raison pour vous les livrer ici.

  1. Le droit de ne pas lire.
  2. Le droit de sauter des pages.
  3. Le droit de ne pas finir un livre.
  4. Le droit de relire.
  5. Le droit de lire n’importe quoi.
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
  7. Le droit de lire n’importe où.
  8. Le droit de grappiller.
  9. Le droit de lire à haute voix.
  10. Le droit de nous taire.

Je ne vous ferai pas d’analyse détaillée, de description totale de ces droits. Je les laisse là à votre usage. Elles sont importantes à mes yeux, toutes autant qu’elles sont.

En septembre 2017, j’avais eu l’occasion d’aborder ce sujet avec quelqu’un et elle m’avait alors dit qu’elle ne voyait pas l’utilité de ce livre ou de ces droits. Elle n’avait jamais ressenti le besoin que quelqu’un lui dise comment ou pourquoi lire ou ne pas lire… C’est que ce livre ne s’adressait pas à elle alors. Il y a un nombre incalculable d’enfants, d’adolescents ou même d’adulte qui ne lisent plus, qui sont dégoûtés de la lecture. Et ce livre a pour vocation de désacraliser la lecture, de la refaire aimer à toutes ces personnes grâce à une plume abordable et agréable. Ce livre est, et restera, un des ouvrages que j’aime et que je chéris le plus.

Et comme il y est écrit :

Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver »… 

BOSI.

P.S : Entre deux gros morceaux, je verrai pour parler aussi du rôle du lecteur d’ailleurs.
P.P.S : Voyez Ernest & Célestine, si ce n’est déjà fait.

3 réflexions sur “Et de sept : On en parle du lecteur ?

  1. Le livre qui m’a réellement donné l’amour de la lecture (et de la fantasy), c’est la Belgariade. Pourquoi ? Pas parce qu’il est bourré de qualités, mais justement parce que ses défauts le rendent encore meilleur à mes yeux. Le récit ne se prend pas aux sérieux (les personnages non plus), ce n’est pas vraiment original, ni complexe, ni avec un super style. Un récit ordinaire, et c’est justement ça qui m’a plu. D’un coup, la lecture n’était plus un truc absolument sérieux, réservé à des gens sérieux, j’apprenais enfin que la lecture pouvait juste faire rêver et passer un bon moment. Et le fait de savoir que ce type de romans existaient et que je pouvais y retourner quand je le voulais… m’a fait paradoxalement aimer les livres plus complexes.

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    1. J’ai pu lire sur ton blog tout le bien que tu pensais de la Belgariade effectivement, il faudra que j’y jette un coup d’oeil un de ces quatre !
      Parfois lire un roman tout « simple » aide à s’y mettre, ou s’y remettre évidemment 😀 Je lis de la jeunesse entre du Sartre et du Nietzsche pour souffler et me faire plaisir, lire sans autre plan derrière que lire (et non réfléchir trop)

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  2. Comme un roman m’a marquée, moi aussi.
    Enfant et adolescente, je me forçais à aller jusqu’au bout de mes lectures, parce que « quand tu commences quelque chose, tu le termines » et par « respect » pour l’auteur. Ce qui est débile : je n’ai aucune envie que quelqu’un se torture en lisant un de mes romans.
    Maintenant, si un livre ne me plaît pas, j’en interromps la lecture – peut-être que ce n’est pas le moment – il y a trop d’ouvrages disponibles que pour perdre du temps à lire quelque chose qu’on n’aime pas.

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